Jean Messiha se retrouve au cœur d’une affaire explosive.
La veuve de Fabrice Moello, agent pénitentiaire tué lors de l’attaque du fourgon d’Incarville, a déposé plainte pour abus de confiance contre l’ancien responsable politique. Elle l’accuse d’avoir encaissé une cagnotte censée soutenir les familles des surveillants pénitentiaires tués lors de l’évasion de Mohamed Amra.
Le montant évoqué est lourd : 42 000 euros, collectés après un drame national qui avait bouleversé la France. Fabrice Moello, 52 ans, et Arnaud Garcia, 34 ans, avaient été abattus le 14 mai 2024 au péage d’Incarville, dans l’Eure, lors de l’attaque d’un convoi pénitentiaire. Trois autres agents avaient été grièvement blessés pendant cette opération menée pour libérer Mohamed Amra, surnommé « La Mouche ».
Dans les jours suivant l’attaque, les hommages s’étaient multipliés et Jean Messiha avait lancé une cagnotte présentée comme un geste de soutien aux proches des deux agents tués. Mais d’après la plainte, la veuve de Fabrice Moello affirme ne jamais avoir reçu l’argent promis. L’affaire est d’autant plus sensible que Jean Messiha s’était déjà fait connaître pour une autre cagnotte très médiatisée, ouverte au profit du policier mis en examen après la mort de Nahel.
Cette fois, la polémique change de dimension : il ne s’agit plus seulement d’une collecte controversée, mais d’une accusation de détournement visant des dons faits au nom de veuves et de familles endeuillées. Toujours selon les éléments rapportés, Jean Messiha aurait expliqué que seules les bénéficiaires pouvaient retirer les fonds sur GoFundMe, et qu’il ne pouvait pas le faire à leur place. Une version que la partie civile conteste fermement.
L’avocat de Mme Moello affirme avoir contacté la plateforme, qui aurait indiqué que cette explication ne correspondait pas à la réalité du fonctionnement de la cagnotte. Plus grave encore, les accusations portent sur des retraits effectués au profit du compte personnel de Jean Messiha, via plusieurs virements entre mai et juin 2024. La cagnotte aurait donc été vidée sans que la veuve de Fabrice Moello ne touche les sommes collectées en son nom.
À ce stade, il s’agit d’une plainte et Jean Messiha bénéficie de la présomption d’innocence. Mais le dossier est politiquement et symboliquement dévastateur : l’argent aurait été donné par des anonymes pour soutenir des familles frappées par un assassinat, pas pour alimenter une bataille d’image ou disparaître dans des virements privés. L’enquête devra désormais établir précisément qui a retiré les fonds, à quelle date, vers quel compte, et pourquoi les bénéficiaires annoncées n’ont pas été payées.