Plus calme que de coutume, le président s’est montré particulièrement conciliant, assurant que « la grande Argentine est pour tout le monde » et invitant « des dizaines de députés et sénateurs » à « trouver des accords basiques ». Le parti Libertad Avanza, dirigé par le président, voit ses députés passer de 37 à 101 sur 257, et ses sénateurs de six à vingt sur un total de 72. Une progression significative, mais insuffisante pour obtenir la majorité absolue, obligeant Milei à rechercher des compromis et à bâtir des coalitions.
Le président avait estimé qu’atteindre un tiers des sièges constituerait un « bon chiffre », notamment pour pouvoir imposer ses véto aux parlementaires si nécessaire. Arrivé au scrutin déjà auréolé d’un succès contre l’inflation — ramenée en 20 mois de plus de 200 % à 31,8 % en interannuel — et d’un équilibre budgétaire inédit depuis 14 ans, Milei ne cache pas que son « plus grand ajustement budgétaire de l’histoire » a eu un coût : plus de 200 000 emplois perdus, une activité en contraction de 1,8 % en 2024, et une reprise en 2025 qui s’essouffle, tandis que la société reste profondément marquée par les inégalités.
Depuis 2023, le chef de l’État a beaucoup légiféré par décrets ou accords ponctuels au Parlement, mais s’est heurté à une opposition rigide, parfois insultante, qualifiant son gouvernement de « nid à rats » ou de « dégénérés ». Dans son viseur d’ici 2027 : des réformes fiscales, la flexibilisation du marché du travail et du système de protection sociale.