Nicolas Jeanneté, conseiller de Paris condamné à 18 mois avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.
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Par Adam •
© LE DECRYPTAGE
L’ancien directeur du parti Les Centristes et conseiller de Paris, Nicolas Jeanneté, a été condamné le 23 février par le tribunal correctionnel à 18 mois d’emprisonnement avec sursis.
L’ancien élu du XVe arrondissement a été reconnu coupable de détention d’images pédopornographiques et de trafic de stupéfiants. La juridiction a également prononcé une interdiction d’exercer toute activité impliquant un contact habituel avec des mineurs pendant trois ans, assortie d’une obligation de soins.
Le jugement prévoit en outre la confiscation de ses ordinateurs et téléphones, ainsi que l’inscription de son nom au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles. L’ancien élu a décidé de faire appel de cette condamnation.
L’affaire trouve son origine dans un signalement effectué en août 2022 par TRACFIN, la cellule de lutte contre le blanchiment du ministère de l’Économie. L’organisme avait repéré des mouvements financiers suspects sur les comptes de l’élu, notamment des dépôts d’espèces importants et des virements vers les Philippines, associés à des achats de drogues de synthèse.
L’enquête, conduite par la police judiciaire parisienne avec l’appui du parquet des mineurs et de la brigade de protection des mineurs, a mis au jour l’organisation de soirées dites « chemsex », au cours desquelles des participants consomment des substances destinées à accroître les performances sexuelles.
Selon les éléments de l’enquête, Nicolas Jeanneté se faisait livrer à domicile de la 3-MMC, une drogue de synthèse proche des cathinones, qu’il revendait ensuite à d’autres participants.
Les investigations ont également révélé que, après l’onde de choc provoquée par l’affaire impliquant l’humoriste Pierre Palmade, le suspect aurait modifié ses méthodes d’approvisionnement en abandonnant les achats en ligne au profit de livraisons locales.
Interpellé le 20 mars 2023, Nicolas Jeanneté a été placé en garde à vue. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont découvert sur son matériel informatique plusieurs fichiers à caractère pédopornographique, ainsi que des échanges évoquant des fantasmes impliquant des mineurs.
Si plusieurs centaines de contenus suspects avaient initialement été évoqués au cours de l’enquête, le parquet n’a finalement retenu le caractère pédopornographique que pour sept images et dix-huit vidéos. Ces fichiers auraient été téléchargés via une boucle Telegram regroupant de nombreux participants, au milieu d’un grand volume de contenus pornographiques échangés.
Mis en examen le 24 mars 2023 pour acquisition, transport, offre ou cession de stupéfiants ainsi que pour détention et consultation habituelle d’images pédopornographiques, l’ancien élu avait été placé sous contrôle judiciaire, malgré une demande de détention provisoire formulée par le parquet.
L’affaire avait suscité une vive polémique dans la vie politique parisienne. Après plus de deux ans d’absence, son retour dans l’hémicycle municipal en juillet 2025 avait provoqué de fortes réactions.
Des membres de l’association Mouv’Enfants avaient notamment interrompu une séance du Conseil de Paris en déployant une banderole demandant son départ. Pour les associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux mineurs, la présence d’un élu mis en cause pour de tels faits au sein d’une assemblée municipale posait une question d’exemplarité publique.
L’issue judiciaire de cette première instance vient ainsi clore un volet de l’affaire, tout en laissant ouverte la procédure d’appel engagée par l’ancien responsable politique.
