Nouveau coup de frein dans la course à l’intelligence artificielle. Trois jours seulement après leur lancement commercial, les modèles Claude Fable 5 et Mythos 5 ont été retirés du marché à la suite d’une intervention des autorités américaines. La décision marque un épisode inédit dans un secteur déjà confronté à une surveillance réglementaire croissante.
Selon les informations communiquées par Anthropic, l’administration américaine a demandé que l’accès à ces deux systèmes soit limité aux seuls citoyens américains. La mesure devait également s’appliquer aux ressortissants étrangers présents sur le territoire des États-Unis ainsi qu’aux employés non américains de l’entreprise.
Face à cette exigence, Anthropic affirme s’être retrouvée dans une impasse technique. L’entreprise explique ne pas disposer d’un moyen fiable permettant de distinguer l’ensemble de ses utilisateurs selon leur nationalité. Pour éviter toute violation des règles imposées par Washington, elle a donc choisi de suspendre immédiatement Claude Fable 5 et Mythos 5 pour tous ses clients.
Cette décision intervient après des inquiétudes exprimées par les autorités américaines concernant les capacités avancées de ces modèles. D’après plusieurs médias américains, des responsables gouvernementaux auraient été alertés après la découverte d’un possible contournement des mécanismes de sécurité intégrés à l’un des systèmes.
Lien similaire Noahm, 19 ans, tué à Metz en raison de son homosexualité car jugé « trop efféminé ».Anthropic conteste toutefois la nécessité d’une mesure aussi radicale. L’entreprise estime qu’un risque théorique ou un contournement potentiel ne devrait pas entraîner le retrait complet d’un produit déjà déployé auprès d’un grand nombre d’utilisateurs. Elle prévient également qu’une telle approche pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble de l’industrie de l’intelligence artificielle.
Claude Fable 5 représentait la première ouverture au public de la famille Mythos, considérée comme la gamme la plus avancée développée par Anthropic. Le modèle avait été conçu avec plusieurs limitations destinées à empêcher certains usages sensibles. Les requêtes liées à la cybersécurité offensive ou à des domaines pouvant présenter des risques biologiques ou chimiques faisaient notamment l’objet de restrictions spécifiques.
Parallèlement, Anthropic avait également lancé Claude Mythos 5, une version beaucoup plus puissante destinée à des entreprises, institutions et partenaires sélectionnés. Ce modèle était présenté comme capable d’identifier et d’exploiter des vulnérabilités informatiques avec une rapidité et une précision inédites.
Depuis plusieurs mois, les capacités croissantes des systèmes d’intelligence artificielle suscitent des débats de plus en plus vifs. Les gouvernements s’inquiètent notamment de leur potentiel dans des secteurs critiques comme l’énergie, la finance, les télécommunications ou la cybersécurité. Certaines administrations considèrent désormais les modèles les plus avancés comme des technologies stratégiques pouvant avoir un impact direct sur la sécurité nationale.
L’affaire met également en lumière les difficultés rencontrées par les autorités lorsqu’elles cherchent à contrôler la diffusion mondiale de ces outils. Les plateformes numériques sont utilisées dans des dizaines de pays et les équipes qui les développent sont souvent internationales, rendant particulièrement complexe toute restriction basée sur la nationalité.
Anthropic affirme désormais travailler avec les autorités américaines afin de trouver une solution permettant le retour de Claude Fable 5 et Mythos 5. Aucune date de réactivation n’a cependant été annoncée. Cette suspension pourrait néanmoins constituer un précédent majeur dans la régulation des intelligences artificielles de nouvelle génération, alors que la compétition mondiale autour de ces technologies s’intensifie.