Il stockait 200 corps en décomposition chez lui : un pompe funèbre condamné à 20 ans de prison.

Il stockait 200 corps en décomposition chez lui : un pompe funèbre condamné à 20 ans de prison.
© Prod « a l’école des pompes funèbres »
Une affaire d’une atrocité sans nom secoue l’Amérique. Jon Hallford, 45 ans, directeur d’une entreprise de pompes funèbres, a été condamné ce vendredi à 20 ans de prison pour avoir entreposé près de 200 corps en décomposition dans ses locaux, au lieu de les incinérer ou de les enterrer comme il en avait l’obligation. Son épouse, également impliquée, est poursuivie pour les mêmes faits.

Entre 2019 et 2023, les Hallford ont mené ce que la justice qualifie de “fraude monstrueuse et profondément inhumaine” : les corps de défunts confiés par des familles en deuil étaient abandonnés dans l’arrière-boutique de leur funérarium, tandis que ces dernières recevaient en retour des urnes remplies de béton ou, pire encore, les cendres d’inconnus.

Une scène digne d’un film d’horreur

L’enquête révèle un détournement abject : 190 cadavres, entassés dans des conditions sordides, dissimulés derrière des portes verrouillées, fenêtres obstruées, et une odeur de mort persistante qui a fini par alerter les voisins. Le tout, alors que les Hallford continuaient de facturer jusqu’à 130.000 dollars pour des cérémonies qui n’ont jamais eu lieu.

Mais l’horreur ne s’arrête pas là. Le couple aurait également falsifié des certificats de décès, menti sur les identités, et même usurpé des documents pour percevoir 880.000 dollars d’aides COVID. Des fonds publics censés sauver des entreprises en détresse, qu’ils ont utilisés pour financer un train de vie luxueux.
Lien similaire Qui est derrière Alliance Vision et la fraude de 21 millions a l’Assurance Maladie ?

Une trahison impardonnable

“Ce n’est pas une simple escroquerie, c’est une profanation de l’intime, de la mort, de la douleur des familles”, a fustigé la juge Nina Wang, expliquant la lourdeur de la peine. Le procureur fédéral, Peter McNeilly, dénonce une “escroquerie criminelle doublée d’un mépris absolu de la dignité humaine”.

Les images des lieux, découvertes à Penrose, au sud de Denver, sont décrites comme apocalyptiques. Des voisins, incommodés par les relents de putréfaction, avaient fini par alerter les autorités en 2023. Ce sont eux qui ont mis fin à quatre années d’inhumanité méthodique.

« Je me déteste pour ce que j’ai fait »

Face au tribunal, Jon Hallford a tenté un mea culpa : “Je suis profondément désolé. Je me déteste encore pour ce que j’ai fait.” Trop tard, selon les enquêteurs, qui décrivent un homme calculateur, cynique et déterminé à dissimuler ses crimes, allant jusqu’à verrouiller les portes et mentir sur l’origine des odeurs pestilentielles.

Dans un pays habitué aux scandales judiciaires, cette affaire dépasse la simple fraude : elle interroge sur les failles de contrôle dans un secteur censé être au service des familles les plus vulnérables.

Un cauchemar judiciaire, une tache sur la dignité humaine, et un rappel brutal : même face à la mort, certains sont capables du pire.
LeDecryptage, LeDecryptage.fr, Le Decryptage, le decryptage, le décryptage, ledecryptage, Corps, décès, pompes funèbres, usa, États-Unis, 200 corps, condamner, fait-divers, actualités, informations, news, info, actu, monde, conflit, média, guerre