Justice : Rima Hassan relaxée dans son procès face à Pernelle Richardot sur une affaire datant de 2024.
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Par Elyes •
© LE DECRYPTAGE
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a prononcé la relaxe de l’eurodéputée Rima Hassan, poursuivie pour injure publique à la suite d’un affrontement verbal avec l’élue socialiste Anne-Pernelle Richardot sur le réseau social X. La plainte faisait suite à l’utilisation par Rima Hassan de l’expression « islamophobe assumée » pour qualifier sa contradictrice.
À l’audience, le président Michaël Da-Lozzo a replacé les propos incriminés dans le cadre d’un débat public et politique opposant deux responsables élues. Il a estimé que, dans ce contexte, les formulations employées, bien que virulentes, ne dépassaient pas les bornes admises de la liberté d’expression. Selon la juridiction, « les propos poursuivis n’ont pas excédé les limites de la liberté d’expression ».
L’origine du litige remonte à novembre 2024. Anne-Pernelle Richardot, connue pour ses positions favorables à la politique d’Israël, avait soutenu l’idée d’interdire une conférence de Rima Hassan consacrée à la Palestine à Strasbourg. Elle avait alors établi un lien entre la solidarité avec la Palestine et des « groupuscules islamistes », déclenchant une vive controverse.
Rima Hassan avait dénoncé cette prise de position, la qualifiant de raciste et islamophobe. C’est cette qualification, et plus précisément l’expression « islamophobe assumée », qui a conduit Anne-Pernelle Richardot à engager des poursuites pour injure publique.
À l’issue du jugement, l’avocat de la défense, Me Vincent Brengarth, a salué une « formidable victoire de la liberté d’expression », évoquant un contexte marqué, selon lui, par des tentatives répétées de judiciariser et de restreindre la parole politique de sa cliente.
Cette affaire s’inscrit dans un climat local déjà tendu. En 2025, Anne-Pernelle Richardot avait été impliquée dans une polémique née de la présence d’une femme voilée dans une campagne d’affichage municipale consacrée aux personnes âgées. Sa position avait suscité des accusations d’islamophobie, notamment de la part de Marine Tondelier (EELV), qui avait appelé le Parti socialiste à envisager des sanctions.
Sur le plan politique, l’élue socialiste est aujourd’hui colistière de Catherine Trautmann, donnée en tête des intentions de vote pour les élections municipales de Strasbourg prévues en mars prochain. Dans ce contexte électoral, la décision judiciaire revêt une portée symbolique qui dépasse le seul cadre pénal. Anne-Pernelle Richardot a indiqué prendre acte de la relaxe et réfléchir aux suites à donner.
Pour les soutiens de Rima Hassan, cette décision illustre une tentative d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques et une volonté de faire taire des positions pro-palestiniennes. À l’inverse, ses détracteurs dénoncent une banalisation d’attaques personnelles dans le débat public. La relaxe vient ainsi raviver le débat sur l’équilibre entre liberté d’expression, responsabilité des élus et intensification des confrontations idéologiques.
