Lorraine : un père condamné à 18 ans de réclusion criminelle après la mort de sa fillette de quatre mois.
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Par Adel •
© Tom CHANAL / BRST / SIPA
La cour d’assises de la Moselle a condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle un homme de 35 ans pour avoir provoqué la mort de sa fille âgée de quatre mois, décédée des suites du syndrome du bébé secoué.
La peine prononcée a été assortie d’une période de sûreté de neuf ans, traduisant la gravité extrême des faits reprochés à l’accusé. La fillette, prénommée Shaïna, avait été hospitalisée en urgence au CHRU de Nancy avant de mourir le 6 décembre 2022.
À son admission, les médecins avaient relevé un état clinique particulièrement alarmant, avec plusieurs côtes fracturées, des lésions cérébrales sévères et l’ensemble des signes caractéristiques du bébé secoué et claqué.
Les examens médicaux ont également mis en évidence des blessures compatibles avec des coups portés, excluant toute origine accidentelle. Les investigations ont démontré que l’enfant était victime de violences répétées depuis sa naissance, dans un contexte de maltraitance durable.
Les experts médicaux et judiciaires ont décrit des traumatismes multiples, anciens et récents, attestant d’une exposition continue à des sévices graves, ce qui a pesé lourdement dans l’analyse des jurés et dans la qualification pénale retenue à l’issue des débats.
Lors de la perquisition menée au domicile familial, situé à Sarrebourg, les enquêteurs ont découvert un berceau fermé par une planche en bois, présenté à l’audience comme un dispositif assimilable à une cage, renforçant l’hypothèse d’un environnement inadapté et dangereux pour un nourrisson.
Les experts ont décrit un cadre familial marqué par une violence constante et une absence totale de protection de l’enfant, tandis que les débats ont souligné l’extrême vulnérabilité de la victime.
Au-delà du décès de la fillette, l’homme a également été condamné pour des violences infligées aux deux autres enfants vivant au sein du foyer, son fils alors scolarisé en maternelle et le fils de sa compagne, collégien au moment des faits.
L’enquête a fait état de coups répétés, de brûlures de cigarette et de blessures graves, dont un bras brisé à la suite d’une triple fracture. La mère de la petite Shaïna, âgée de 33 ans, a reconnu avoir eu connaissance de ces violences sans intervenir ni alerter les autorités. Elle a été condamnée à cinq ans de prison, dont deux avec sursis.
Lors du procès, l’avocat général avait requis une peine plus sévère à l’encontre du père, estimant les faits d’une gravité exceptionnelle. À l’issue du verdict, la défense de la mère a indiqué réfléchir à un éventuel appel, tandis que l’avocate représentant les intérêts des enfants a salué une décision qu’elle a jugée équilibrée et conforme à la gravité du dossier.
