« Trump vient de mettre la main sur la plus grosse station d’essence du monde » au mépris du droit international.
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Par Ryan •
© Jim Watson
En accusant Nicolás Maduro de diriger un État narco-criminel, Donald Trump prétend s’ériger en défenseur du peuple vénézuélien. Mais cette posture repose sur une logique profondément contestable. Les poursuites engagées contre le président vénézuélien par la justice américaine relèvent d’une extraterritorialité judiciaire que de nombreux juristes considèrent comme une violation des principes fondamentaux de la souveraineté des États. En agissant ainsi, Trump outrepasse les cadres reconnus du droit international public.
Washington accuse Caracas de protéger des réseaux de narcotrafic et d’utiliser l’appareil d’État comme levier criminel transnational. Pourtant, aucune juridiction internationale indépendante n’a condamné Maduro. Les accusations américaines reposent sur des actes d’inculpation unilatéraux, transformant la lutte antidrogue en outil politique. Cette stratégie vise avant tout à délégitimer un régime hostile, en contournant les mécanismes multilatéraux censés garantir l’équité juridique.
En réduisant un chef d’État à un criminel sans jugement international, Trump installe une doctrine dangereuse : celle où la puissance américaine s’arroge le droit de désigner, juger et punir des dirigeants étrangers. Une approche qui fragilise l’ordre juridique mondial et expose le droit international à une instrumentalisation permanente au service d’intérêts géopolitiques.
Cette posture apparaît d’autant plus incohérente que Donald Trump a, dans le même temps, fait preuve d’une clémence assumée envers des dirigeants alliés pourtant impliqués dans des affaires de narcotrafic. L’exemple le plus frappant reste celui de l’ancien président du Honduras, condamné par la justice américaine pour des liens directs avec des cartels, mais politiquement protégé durant des années en raison de son alignement stratégique avec Washington.
En tolérant, voire en facilitant, la grâce ou l’indulgence envers des responsables reconnus coupables, Trump révèle une justice sélective. Le narcotrafic devient alors un prétexte : il est brandi contre les ennemis, mais relativisé lorsqu’il concerne des partenaires dociles. Cette contradiction affaiblit toute prétention morale des États-Unis à mener une guerre globale contre la drogue.
En définitive, ce n’est pas Maduro qui foule aux pieds le droit international dans cette séquence, mais bien Donald Trump. En criminalisant ses adversaires tout en blanchissant ses alliés, il transforme la justice en arme politique et impose une vision du monde où la loi s’efface devant la puissance.
