Lecornu promet l’examen d’une loi en avril sur l'antisionisme et refuse le mot « genocide » pour Gaza.
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Par Mohamed •
© Jeanne Accorsini
Lors du 40e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, organisé à Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris une position ferme sur la qualification des événements en cours à Gaza.
Il a rejeté l’usage du terme « génocide » pour désigner les opérations menées par Israël, estimant qu’il s’agit d’« une arme politique » destinée à inverser les responsabilités. Selon lui, employer ce mot revient à banaliser la mémoire de la Shoah et à transformer « les juifs de victimes en bourreaux ».
Cette déclaration intervient alors que plusieurs organisations et instances internationales utilisent explicitement le terme de « génocide » pour qualifier la situation. Parmi elles figurent la commission d’enquête indépendante des Nations unies, la rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese, ainsi que les ONG Amnesty International et Human Rights Watch, sans oublier l’International Association of Genocide Scholars.
Au cours de la même intervention, Sébastien Lecornu a annoncé l’examen, dès le mois d’avril, d’une proposition de loi visant à sanctionner les propos antisionistes. Porté par la députée Caroline Yadan, le texte sera inscrit à l’ordre du jour du Parlement.
Le chef du gouvernement a affirmé que se revendiquer antisioniste revient, selon lui, à contester le droit d’Israël à exister. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une confusion entretenue entre la critique du gouvernement de Benjamin Netanyahu et la remise en cause de l’existence même de l’État d’Israël.
Sébastien Lecornu a par ailleurs évoqué les appels à la démission visant Francesca Albanese, estimant que certaines de ses déclarations fragilisent la crédibilité de la parole internationale.
Cette initiative législative s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue face aux actes et discours antisémites recensés en France ces derniers mois. Si le gouvernement présente ce projet comme une réponse nécessaire à l’évolution des formes contemporaines d’antisémitisme, son contenu précis suscite déjà des débats.
Parmi les pistes évoquées figureraient un élargissement du délit d’apologie du terrorisme lorsqu’il est associé à des propos antisémites, ainsi qu’une clarification des infractions relatives à certains appels à la haine ou à la destruction d’un État. L’exécutif défend l’idée d’une adaptation du cadre juridique pour mieux répondre aux tensions actuelles.
Les réactions demeurent contrastées. Certains responsables politiques et représentants d’associations jugent indispensable un renforcement de l’arsenal législatif afin de protéger les personnes ciblées par ces actes.
D’autres appellent à la prudence, insistant sur la nécessité de distinguer clairement critique politique et expression antisémite, et rappelant que la liberté d’expression constitue un principe fondamental.
Les débats parlementaires à venir devront préciser la portée exacte des mesures envisagées et déterminer l’équilibre recherché entre fermeté face aux discours haineux et garantie des libertés publiques. L’examen de ce texte s’annonce comme une séquence politique majeure, susceptible de marquer une nouvelle étape dans l’évolution du droit français face aux actes et propos à caractère antisémite.
