États-Unis : un ex-policier condamné à 33 mois de prison pour la mort de Breonna Taylor, jeune ambulancière noire.

États-Unis : un ex-policier condamné à 33 mois de prison pour la mort de Breonna Taylor, jeune ambulancière noire.
© Photo de famille / AFP
Près de cinq ans après la mort de Breonna Taylor, jeune ambulancière noire tuée par la police dans son appartement, la justice américaine a prononcé lundi 21 juillet une peine de 33 mois de prison contre Brett Hankison, ancien agent des forces de l’ordre. Il est ainsi devenu le seul policier à avoir été condamné dans cette affaire devenue emblématique du mouvement Black Lives Matter.

Déjà reconnu coupable en novembre 2024 par un jury de Louisville de violation des droits civiques de la victime, Hankison échappe à la clémence que souhaitait lui accorder le ministère de la justice sous l’administration Trump. Celui-ci avait en effet requis un seul jour de détention, peine qu’il avait déjà purgée. Une proposition vivement dénoncée par la famille de la victime, qualifiée d’« insulte à la vie de Breonna Taylor » par ses avocats.

La juge Rebecca Grady Jennings, chargée du dossier, n’a pas suivi cette recommandation qu’elle a jugée peu convaincante. Elle a également assorti la peine de trois années de liberté conditionnelle. L’un des avocats de la famille, Ben Crump, a salué la décision tout en rappelant que Hankison reste le seul à avoir été sanctionné dans cette affaire : « M. Hankison est le seul policier condamné en lien avec la descente de police pendant laquelle Breonna a été tuée », a-t-il rappelé sur le réseau X.

Le ministère de la justice est lui aussi sous le feu des critiques. L’opinion publique et les défenseurs des droits civiques dénoncent son incapacité à porter une voix forte dans cette affaire, qui a bouleversé l’Amérique. Dans un communiqué transmis à l’AFP, les avocats de la victime ont affirmé : « Nous continuerons à dénoncer l’incapacité du ministère de la justice à défendre les droits de Breonna Taylor et ceux de toutes les femmes noires dont la vie est trop souvent considérée comme négligeable. »
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La peine initialement recommandée par le ministère – un jour de prison et trois ans de liberté conditionnelle – avait été formulée non pas par le procureur du dossier, mais par Harmeet Dhillon, ministre adjointe de la justice chargée des droits civiques, figure conservatrice nommée par Donald Trump.

Dans ses conclusions, elle avait justifié la légèreté de la peine par le fait que Hankison, bien qu’ayant tiré dix fois à l’aveugle vers l’appartement de Taylor, n’avait blessé ni elle ni personne ce soir-là. Une argumentation balayée par la défense de la famille Taylor : « Recommander seulement un jour de prison envoie le message sans ambiguïté que des policiers blancs peuvent violer les droits civiques des Noirs américains en toute impunité. »

Une intervention tragique

Le drame s’était déroulé le 13 mars 2020, à Louisville, dans le cadre d’une opération policière liée à une enquête sur un trafic de stupéfiants visant l’ex-compagnon de Breonna Taylor. Cette nuit-là, la police avait enfoncé la porte de l’appartement sans sommation. Croyant à une intrusion, le compagnon actuel de la jeune femme avait ouvert le feu. Les policiers avaient répliqué avec plus de trente tirs, dont au moins huit ont mortellement atteint Breonna Taylor.

Son nom a été scandé dans les manifestations contre les violences policières à travers les États-Unis, devenant un symbole de la lutte contre le racisme systémique.
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