Burkina Faso–France : le divorce est-il définitivement consommé après le retrait français ?
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Par Elyes •
© Olympia de Maismont
Le retrait officiel des troupes françaises du Burkina Faso, annoncé en 2023, marque un tournant majeur dans les relations entre Ouagadougou et Paris, longtemps considérées comme un partenariat stratégique postcolonial.
Pendant des décennies, la France a été perçue comme un acteur clé dans la sécurité, l’économie et la diplomatie burkinabè, notamment face à la menace terroriste qui sévit dans la région du Sahel.
Pourtant, ce départ soulève la question d’un « divorce » définitif entre les deux pays : s’agit-il d’une rupture irréversible ou simplement d’une étape dans la redéfinition d’une relation historiquement complexe, marquée par des tensions autour de la souveraineté nationale, de la perception néocoloniale et des choix politiques récents du gouvernement burkinabè ?
Si le retrait français peut sembler symboliser un éloignement stratégique, il n’efface pas pour autant les liens culturels, économiques et diplomatiques profondément ancrés, laissant planer le doute sur l’avenir d’un partenariat qui devra se reconstruire sous de nouvelles formes.
Le départ des forces françaises du Burkina Faso en 2023 ne constitue pas seulement un événement militaire : il symbolise une remise en cause profonde d’un modèle de coopération hérité de la période postcoloniale.
Depuis son indépendance en 1960, le pays entretenait avec la France des relations étroites, mêlant aide au développement, coopération sécuritaire et influence culturelle.
Toutefois, la dégradation continue de la situation sécuritaire au Sahel et la montée d’un sentiment antifrançais au sein de la population ont progressivement fragilisé ce partenariat.
Les autorités burkinabè issues des récents coups d’État ont ainsi revendiqué une souveraineté renforcée, affirmant vouloir diversifier leurs alliances stratégiques, notamment vers d’autres puissances comme la Russie.
Dans ce contexte, le retrait français apparaît comme l’aboutissement d’une tension accumulée, mais pas nécessairement comme une rupture totale. Les interdépendances économiques, la présence d’une diaspora et l’usage commun de la langue française témoignent de liens durables.
La question centrale demeure donc la suivante : assistons-nous à une séparation définitive ou à une recomposition pragmatique d’une relation appelée à évoluer dans un environnement géopolitique en pleine mutation ?
