Le drame de Châteaubriant, où un bébé de huit mois est décédé après de probables maltraitances parentales, révèle une tragédie sous haute surveillance. La famille faisait déjà l’objet de signalements aux autorités et d’une mesure judiciaire en cours. Selon le parquet de Nantes et le département de Loire-Atlantique, les travailleurs sociaux suivaient cette famille depuis plusieurs mois, confrontés à un refus systématique de coopération des parents : rendez-vous manqués, visites refusées, absences répétées.
Face à ces blocages, le Département avait saisi la justice pour demander le placement des enfants. Le procureur Antoine Leroy a précisé que deux signalements distincts avaient été adressés en juin : l’un concernant les aînés, l’autre les plus jeunes. Une décision d’aide éducative avait d’ailleurs été prise le 18 septembre par le juge des enfants. Les travailleurs sociaux devaient dès lors pouvoir accéder au domicile familial, mais il était déjà trop tard pour éviter le drame.
Les autorités insistent : ni la justice ni l’aide sociale à l’enfance (ASE) n’ont dysfonctionné. Malgré les interventions prévues, la dégradation du climat familial et l’évitement actif des parents ont conduit à une situation tragique, culminant avec la mort du nourrisson le 10 octobre. Ce jour-là, la mère s’est présentée à l’hôpital de Châteaubriant, son bébé sans vie dans les bras.