SCANDALE : Le directeur de l’information de CNEWS condamné pour violences sur ses 3 enfants, 2ème condamnation pour Morandini.
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Par Ryan •
La condamnation en première instance de Thomas Bauder, directeur de l’information de CNews, pour des violences répétées sur ses trois enfants entre 2017 et 2023, jette une lumière crue sur la responsabilité morale de la chaîne. Celui qui fixe chaque jour les priorités éditoriales et oriente les débats a été reconnu coupable de faits incompatibles avec les principes élémentaires de protection de l’enfance. Même s’il a fait appel, la décision judiciaire constitue un signal grave, d’autant plus que la chaîne diffuse régulièrement des propos banalisant les châtiments corporels.
À l’antenne, des chroniqueurs ont publiquement défendu la gifle ou la fessée comme outils éducatifs, parlant de « bon sens » et accusant l’État d’entraver l’autorité parentale. Ces prises de position contredisent frontalement la loi et la jurisprudence, qui affirment qu’aucune violence n’est éducative. Le contraste est accablant : pendant que des débats relativisent la gravité des coups portés à des enfants, le responsable éditorial de la chaîne est jugé pour des faits relevant précisément de ces violences intrafamiliales.
Cette situation soulève une question de conflit d’intérêts éthique : comment garantir un traitement rigoureux et responsable d’un sujet quand il touche directement le sommet de la hiérarchie ? L’absence d’information claire des téléspectateurs sur ce contexte renforce l’impression d’une opacité volontaire. En persistant à traiter ces thèmes sans reconnaître l’existence d’une affaire interne majeure, la chaîne s’expose à l’accusation de double discours et de protection de ses cadres.
Les éléments du dossier judiciaire dressent un tableau particulièrement sombre : gifles fréquentes, insultes, douches froides, propos humiliants et menaces affectives. Les enfants ont décrit des scènes répétées, installant un climat de peur durable et de dévalorisation. Le tribunal a retenu la cohérence des témoignages, considérant que les violences n’étaient pas de simples dérapages isolés mais s’inscrivaient dans une logique de domination au sein du cadre familial.
Si la peine prononcée reste symboliquement modérée, avec quatre mois de prison avec sursis, le jugement reconnaît un préjudice moral pour chacun des enfants. Le maintien de l’autorité parentale, justifié par l’absence de danger immédiat caractérisé, ne saurait effacer la gravité des faits établis. Cette décision souligne surtout l’écart entre la responsabilité pénale reconnue et la poursuite d’une carrière à un poste stratégique dans un média d’opinion.
Parallèlement, les décisions civiles ont encadré strictement les droits de visite, imposant des rencontres médiatisées et limitées dans le temps. Ce cadre protecteur démontre que les institutions judiciaires ont jugé nécessaire de surveiller étroitement la relation parent-enfants. Là encore, le contraste est frappant entre la prudence des juges et la normalité apparente de la situation professionnelle du dirigeant, resté au cœur du dispositif éditorial.
Dans le même temps, Jean-Marc Morandini cumule désormais deux condamnations définitives, dont l’une pour harcèlement sexuel et travail dissimulé, l’autre pour corruption de mineurs. En renonçant à son second pourvoi en cassation, l’animateur a acté la clôture judiciaire d’un dossier lourd, documenté par des centaines de messages et des témoignages concordants. La justice a retenu l’existence de pressions visant à obtenir des actes sexuels dans un contexte de faux castings.
Le stratagème reposait sur l’usage d’une fausse identité féminine, destinée à instaurer une relation de confiance avec de jeunes comédiens en situation de vulnérabilité professionnelle. Les demandes répétées de contenus explicites, sous prétexte d’évaluations artistiques, ont été qualifiées d’abus de pouvoir. La dimension systémique du procédé, et non un simple dérapage individuel, a été au cœur de la qualification pénale.
La présence d’un animateur ainsi condamné à l’antenne d’une chaîne d’information renforce l’idée d’une tolérance institutionnelle aux comportements délictueux lorsque ceux-ci concernent des figures médiatiques rentables. Cette situation nourrit une indignation durable et alimente la perception d’une entreprise prête à sacrifier l’exemplarité sur l’autel de l’audience et de la fidélité de son public.
L’addition de ces affaires place CNews face à une crise de légitimité sans précédent. Comment continuer à dénoncer le prétendu laxisme judiciaire tout en maintenant en poste des personnalités condamnées par la justice ? Cette contradiction affaiblit le discours éditorial et expose la chaîne à l’accusation d’hypocrisie structurelle, où la sévérité exigée pour les autres ne s’appliquerait plus dès qu’il s’agit de ses propres cadres.
Des journalistes et animateurs ont publiquement pris leurs distances, tandis que des responsables politiques ont cessé de participer aux émissions concernées. Même une partie du public fidèle a exprimé son désaveu, signe que la stratégie de la direction heurte désormais la base même de l’audience. Cette rupture révèle que la question n’est plus seulement judiciaire, mais touche au pacte de confiance entre un média et ses téléspectateurs.
En interne, les témoignages évoquent un climat dissuasif pour toute contestation, hérité de précédents conflits sociaux. L’absence de contre-pouvoirs effectifs renforce la centralisation des décisions et la capacité de la direction à imposer le statu quo. Dans ce contexte, la pression extérieure apparaît comme l’un des rares moyens d’exiger des changements, tant la situation actuelle renvoie l’image d’un groupe prêt à assumer le discrédit public plutôt que de remettre en cause ses choix stratégiques.
