Dans les camps dévastés de Gaza, 2026 commence sous les décombres mais avec une détermination intacte.
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Par Abderrahmane •
Gaza, janvier 2026 – Une nouvelle année sous les décombres
Dans la bande de Gaza, 2026 commence comme s’était terminée l’année précédente : sous les ruines, dans la peur et la douleur. Les camps improvisés qui s’étendent de Rafah à Jabalia ne sont plus des lieux d’accueil, mais des zones de survie où des milliers de familles tentent de tenir malgré tout. Sous des tentes déchirées par le vent, les habitants affrontent un hiver glacial sans électricité, sans eau courante et souvent sans nourriture. Les pluies de janvier transforment le sol en boue, les abris en pièges, et les routes en rivières de débris. Les enfants dorment serrés les uns contre les autres pour se réchauffer, pendant que leurs parents cherchent de quoi faire bouillir un peu d’eau ou allumer un feu avec des morceaux de bois arrachés aux ruines. Les bombardements de 2025 ont laissé une ville brisée, et la reconstruction n’a même pas commencé.
Les hôpitaux, eux, sont à bout de souffle. Dans les couloirs du principal centre médical encore debout à Khan Younès, des médecins épuisés improvisent des soins avec le peu de matériel disponible. Les stocks de médicaments sont presque vides, les générateurs tournent par intermittence faute de carburant, et les blessés continuent d’affluer. Les maladies respiratoires et les infections se propagent rapidement dans les camps, où la promiscuité et le froid font des ravages. Plusieurs enfants sont déjà morts d’hypothermie, selon des sources locales. Les ONG tentent d’intervenir, mais leurs convois restent bloqués à la frontière, depuis qu’Israël a restreint l’accès de plus de trente organisations humanitaires internationales. L’ONU a dénoncé cette décision comme une violation grave du droit humanitaire, mais sur le terrain, c’est surtout le silence et le désespoir qui dominent. À Gaza, l’aide humanitaire ne parvient plus à suivre la détresse humaine.
Gaza, l’espoir malgré la ruine
Pourtant, au milieu des gravats, la vie continue. Chaque matin, des silhouettes se lèvent parmi les débris pour reconstruire, nettoyer, improviser. Dans le camp de Nuseirat, des familles ont dressé des murs de fortune avec des blocs de ciment récupérés dans les ruines. Des femmes cuisinent sur des feux de fortune, partageant le peu qu’elles ont avec les voisins. Les enfants, pieds nus dans la poussière, inventent des jeux avec des morceaux de plastique ou des boîtes écrasées. La résilience des Gazaouis est devenue leur seule arme — une force silencieuse face à un monde qui semble les avoir oubliés. “Nous n’avons plus rien, mais nous refusons de disparaître”, confie Samira, 32 ans, mère de trois enfants, qui vit sous une tente depuis six mois. Son regard, fatigué mais ferme, résume le sentiment de tout un peuple : la douleur est immense, mais l’attachement à la terre l’est encore plus.
Alors que les projecteurs internationaux se détournent, Gaza tente de ne pas sombrer. Des jeunes volontaires documentent le quotidien, partagent des images sur les réseaux malgré l’absence de réseau stable. Certains rêvent de reconstruire, d’autres simplement de survivre jusqu’au lendemain. Les écoles improvisées dans les camps deviennent des symboles d’espoir : des instituteurs enseignent sans manuels, sur des bouts de carton, pour rappeler aux enfants qu’il existe encore un futur. Dans un territoire meurtri par les bombes et la faim, l’éducation devient un acte de résistance. La nuit, les rares lumières qui s’allument dans les ruines témoignent de cette volonté farouche de vivre. Gaza n’a plus de murs solides, mais son peuple reste debout. Sous les décombres, une lumière persiste — celle de la dignité, plus forte que la guerre.
