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Histoire

Sarajevo 1992 : quand la bourgeoisie transformait la guerre en terrain de chasse.

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Par Romain

Sarajevo 1992 : quand la bourgeoisie transformait la guerre en terrain de chasse. © Sniper Alley/Enrico Dagnino

Trente ans après le début du siège de Sarajevo (1992-1996), une enquête judiciaire italienne vient remettre en lumière une dimension macabre de la guerre de Bosnie : des “touristes tireurs d’élite” des Occidentaux fortunés, majoritairement Italiens auraient payé des milices serbes pour venir tirer sur des civils dans les collines de Sarajevo, comme dans un “jeu de guerre”.

Une enquête relancée

Le parquet de Milan a officiellement ouvert une information judiciaire pour “homicide volontaire aggravé par cruauté et motifs abjects”. L’enquête fait suite à une plainte déposée par l’écrivain italien Ezio Gavazzeni, appuyée par l’ancienne maire de Sarajevo, Benjamina Karić, qui avait déjà transmis des témoignages en 2022. Les allégations sont horrifiantes : des excursions organisées, tarifaires, avec des “clients” très aisés qui venaient “jouer à la guerre”.

Le “safari humain” : un business macabre

Selon les témoignages, ces “touristes de guerre” payaient des sommes extrêmement élevées jusqu’à des centaines de milliers d’euros selon plusieurs sources. Ils se réunissaient souvent à Trieste, puis étaient escortés jusqu’à Belgrade, avant d’être acheminés vers les collines autour de Sarajevo, contrôlées par l’armée serbe de Bosnie. Une “grille tarifaire” aurait même existé : le prix variait selon le type de cible enfants, hommes en uniforme, femmes, etc. Selon certains témoignages, il s’agissait d’individus “sans motivation politique ou idéologique”, mais simplement “riches, passionnés d’armes” des clients cherchant l’adrénaline et le pouvoir de vie ou de mort sur des civils.

Des preuves à l’appui : le documentaire “Sarajevo Safari”

L’affaire a été largement rendue publique après la diffusion du documentaire Sarajevo Safari (2022), qui recueille des témoignages dont ceux d’un ancien soldat serbe et d’un entrepreneur bosnien affirmant que des Occidentaux tiraient sur des civils depuis les collines environnantes. C’est à partir de cette base que Gavazzeni a compilé des documents et des témoignages pour construire un dossier transmis au parquet milanais.

Une enquête parallèle en Bosnie

Parallèlement, le Parquet de Bosnie-Herzégovine a confirmé l’existence d’une enquête nommée “Safari”, ouverte dès 2022 suite à la plainte de Benjamina Karić. Selon eux, l’affaire est “active”, mais aucune décision juridictionnelle majeure n’a encore été rendue publiquement, et les échanges entre les juridictions italienne et bosnienne sont en cours.

Une barbarie froide : la marchandisation de la mort

Cette enquête redessine le portrait d’un autre type de bourgeoisie : non pas seulement une élite locale prête à profiter de la guerre, mais des étrangers riches, détachés de toute idéologie nationale, qui auraient transformé la violence la plus crue en une forme de “tourisme” morbide. Le concept de “safari” est particulièrement glaçant : au lieu d’observer des animaux, ces clients payaient pour tirer sur des êtres humains. Le fait qu’il y aurait eu des tarifs selon l’âge, le sexe ou l’uniforme des cibles laisse entrevoir un degré d’inhumanité et d’objectivation des victimes.

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Les enjeux moraux et symboliques

Si les accusations sont fondées, cela pose d’énormes questions : responsabilité morale, ces “touristes snipers” avaient-ils conscience de participer à un crime de guerre, ou étaient-ils convaincus d’être dans un jeu ? ; complicité des milices l’armée serbe de Bosnie aurait monnayé l’accès à des positions de tir, témoignant d’une instrumentalisation cynique de la guerre ; impunité à long terme que signifie le fait d’enquêter trente ans plus tard ?

Une leçon pour aujourd’hui

Cette affaire, si elle se confirme, éclaire un aspect terrible mais rarement évoqué de la guerre : l’aliénation morale de certains acteurs puissants. Elle rappelle que la violence moderne peut être privatisée, monnayée, transformée en “loisir extrême” pour une minorité privilégiée. Elle interpelle aussi la justice internationale : comment juger des actes commis il y a des décennies par des civils sur un champ de bataille ? Et quels mécanismes peuvent encore être mobilisés pour rendre des comptes ?

Conclusion

Sarajevo n’est pas seulement le souvenir d’un siège urbain tragique. Elle pourrait devenir le symbole d’une guerre où la mort a été marchandisée par une bourgeoisie occidentale détachée, transformant des civils en cibles. L’enquête de Milan et l’enquête bosnienne ouvrent une fenêtre glaçante sur ce que peut signifier “jouer à la guerre” quand on a les moyens.

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© Sniper Alley/Enrico Dagnino
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