Soudan : l’histoire d’un territoire colonisé, exploité et pillé par les puissances arabes et occidentales.
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Par Yanis •
L’histoire du Soudan est complexe, du fait des nombreux acteurs extérieurs qui s’y sont impliqués. Pour comprendre la crise actuelle, il est nécessaire d’établir une chronologie des événements ayant conduit à cette situation.
Une double colonisation au 19ᵉ siècle
L’Égypte, alors sous domination ottomane et influencée par la Grande-Bretagne, a envahi l’actuel Soudan entre 1820 et 1822. La répression contre la population fut féroce et des décennies d’exploitation des mines d’or et autres ressources suivirent.
En 1899, un bouleversement majeur survint : la signature du condominium anglo-égyptien, qui établissait une domination conjointe du Royaume-Uni et de l’Égypte sur le Soudan.
Cette double colonisation est à l’origine de nombreux déséquilibres ethniques et religieux. Le nord du Soudan subit une forte influence islamique, tandis que le sud fut plus marqué par le christianisme et les traditions animistes, en partie à cause de l’administration britannique.
Cette double colonisation prit fin en 1956, date à laquelle le Soudan obtint son indépendance et la fin du condominium.
La première guerre civile soudanaise (1955-1972)
La première guerre civile soudanaise opposa le nord, majoritairement musulman, au sud, majoritairement chrétien et animiste. La région du Sud revendiquait une autonomie vis-à-vis du gouvernement de Khartoum, ce que ce dernier refusait, déclenchant une guerre civile.
Le conflit prit fin en 1972 avec l’accord d’Addis-Abeba, qui accordait au Sud une autonomie régionale.
La deuxième guerre civile soudanaise (1983-2005)
Cette guerre débuta en raison du non-respect de l’accord d’Addis-Abeba. Le gouvernement soudanais imposait un contrôle accru sur le Sud, privant la région de l’autonomie promise.
Le conflit prit fin en 2005 avec la signature de l’accord de paix de Naivasha, qui reconnaissait l’autonomie complète du Sud-Soudan et préparait un référendum sur l’indépendance.
En 2011, un référendum permit la création de deux États distincts : la République du Soudan et la République du Soudan du Sud.
La guerre du Darfour (2003-2020)
En 2003, des groupes rebelles se soulevèrent contre le gouvernement soudanais en raison de la marginalisation des populations non-arabes au Darfour. Pour contrer ces groupes, le gouvernement finança et soutint des milices arabes, les « Janjawids », qui commirent massacres, viols, destructions de villages et déplacements forcés.
Ces violences ont été qualifiées de crimes contre l’humanité et de génocide par de nombreuses organisations internationales. Environ 300 000 personnes furent tuées et près de 3 millions déplacées.
Le conflit prit fin en 2020 avec la signature d’accords de paix entre le gouvernement et certains groupes rebelles, mais les affrontements intercommunautaires persistent.
La guerre civile sud-soudanaise (2013-2018)
En 2013, des tensions internes au Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), parti au pouvoir depuis 2011, conduisirent à une guerre civile. Le président Salva Kiir accusa son vice-président Riek Machar de préparer un coup d’État, déclenchant des combats entre forces loyales et rebelles.
Un accord de paix fut signé en 2018, mettant fin à cinq ans de conflit, mais l’instabilité persiste : Kiir n’a pas décentralisé le pouvoir et plusieurs groupes rebelles n’ont pas adhéré à l’accord. Le conflit a provoqué près de 4 millions de déplacés.
La République du Soudan : instabilité et gouvernance militaire
Depuis la partition, la République du Soudan est restée instable. Omar al-Bashir, au pouvoir depuis 1989, fut destitué par un coup d’État en 2019. Un gouvernement civil, dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, fut mis en place, mais l’armée prit de nouveau le pouvoir en octobre 2021, dissolvant le Conseil souverain.
La « guerre civile des généraux » (depuis 2023)
Depuis avril 2023, deux chefs militaires s’affrontent pour le contrôle du Soudan : le général Al-Burhan et le commandant des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Daglo. Ce conflit est marqué par des violences ciblant des civils selon des critères ethniques, rappelant celles du Darfour.
Une situation actuelle très instable et marquée par l’ingérence extérieure
La situation demeure extrêmement instable. La « guerre civile des généraux » n’est pas uniquement un conflit entre deux militaires : les deux factions reçoivent des soutiens de puissances arabes et occidentales qui profitent du chaos pour exploiter les ressources du pays.
Depuis deux siècles, le Soudan subit exploitation et pillage par des acteurs étrangers. Le peuple soudanais est victime d’un système qui privilégie le profit au détriment des droits humains. Les interventions et intérêts extérieurs sont donc un facteur majeur de la crise actuelle.
